Une ambition limpide
Seedance 2.0 ne joue clairement pas dans la même catégorie que les générateurs vidéo dits « text or image to video ». L’outil vise des créateurs qui savent précisément ce qu’ils veulent voir à l’écran et faire de l’IA un assistant de mise en scène.
La multimodalité n’a rien d’un argument marketing plaqué. Seedance 2.0 accepte simultanément des images pour imposer un style, une composition, des visages, des vidéos pour dicter les mouvements, les transitions et le langage caméra, de l’audio pour fixer le rythme, l’ambiance et parfois l’émotion, et du texte pour orchestrer l’ensemble. Le résultat n’est pas une simple accumulation d’entrées mais une hiérarchie claire. L’IA distingue ce qui relève de la forme, du mouvement et de la narration, et s’aligne sur cette logique plutôt que de tout mélanger.
La vraie nouveauté
La vraie rupture de Seedance 2.0 tient à sa capacité de référence et en cela l’outil change réellement la donne. Jusqu’à neuf images peuvent servir à verrouiller une direction artistique avec une précision rarement atteinte. Les cadrages restent cohérents, les personnages ne dérivent pas, et certains détails de texture conservent une stabilité surprenante dans le temps.
À cela s’ajoute l’usage de vidéos de référence, jusqu’à trois, non pour être copiées mais pour en extraire une logique de mouvement. Travelling, découpage, rythme d’action, grammaire de montage, Seedance 2.0 assimile le langage caméra plutôt que de le reproduire mécaniquement.
La génération ne se limite plus à un plan isolé. Les séquences se prolongent, les transitions s’enchaînent, la continuité visuelle se maintient. On ne demande plus à l’IA de fabriquer une image animée. On lui demande de continuer à filmer.
Audio et édition vidéo
L’audio n’est plus un accessoire. Quelques secondes suffisent à installer une ambiance, une pulsation, parfois une tension dramatique. Le son n’arrive pas après coup, il structure la scène dès la génération. Sur certains tests, la synchronisation entre l’audio et l’image donne l’impression que le montage a été pensé en amont, une sensation encore rare dans l’écosystème des IA vidéo.
Dans le même mouvement, Seedance 2.0 introduit une véritable logique d’édition. Il devient possible de remplacer des personnages, de découper des séquences existantes ou d’ajouter des éléments dans une vidéo déjà générée. L’outil ne se confond toujours pas avec un logiciel de montage traditionnel, mais il s’éloigne clairement du simple générateur automatique pour entrer dans un espace intermédiaire, plus proche de la post-production que de la génération brute.
La qualité visuelle progresse nettement. Les sorties montent jusqu’en 2K, avec des mouvements fluides, des transitions propres et des plans larges plus crédibles que sur les générations précédentes. Les visages conservent une stabilité appréciable dans le temps, meilleure que chez de nombreux concurrents, même si certaines micro-expressions trahissent encore l’origine artificielle des images.
Le bémol. En contrepartie, Seedance 2.0 exige de l’attention. Sans références solides, les résultats restent fades. Sans intention claire, l’outil se contente d’exécuter sans jamais surprendre. Il ne compense pas un manque de vision créative. Au d’autres termes, on est loin d’une IA faite pour improviser, mais plutôt en présence d’une IA conçue pour diriger.
Nicolas FENSCH
Fondateur de la communauté GenIArt
Points forts
- Contrôle créatif très supérieur aux générateurs vidéo classiques
- Gestion avancée des références image, vidéo et audio
- Continuité des plans et logique de séquence convaincantes
- Audio intégré qui structure réellement la mise en scène
- Outils d’édition qui rapprochent l’IA de la post-production
- Des séquences de 4 à 15 secondes avec un choix de la durée par palier d’une seconde
Limites et frustrations
- Prise en main exigeante pour les utilisateurs habitués au prompt seul
- Résultats fades sans références solides
- Peu indulgent avec les intentions floues
- Pas adapté à une création improvisée ou exploratoire
Et Kling 3 ?
Kling 3 reste redoutable pour produire rapidement des clips courts, propres et spectaculaires. Sa force tient à sa simplicité et à sa vitesse d’exécution. En quelques prompts, le résultat est là, efficace et immédiatement exploitable.
Mais la comparaison s’arrête vite. Kling 3 travaille essentiellement à partir du texte. Il interprète une intention. Seedance 2.0 s’appuie sur des références. Il exécute une vision. Pas de vidéos de référence complexes dans Kling 3. Pas d’audio structurant réellement la mise en scène. Pas de véritable continuité de plans pensée comme une séquence. Kling 3 impressionne. Seedance 2.0 construit.






















